Parcours d’un artiste hors du commun

Les débuts d’une vie extraordinaire
Gilbert Montagné voit le jour le 28 décembre 1951 dans le 20e arrondissement de Paris. Quatrième enfant d’une famille modeste, il naît prématurément à six mois de grossesse, dans l’appartement familial de la rue des Pyrénées. À sa naissance, il ne pèse que 950 grammes et est immédiatement placé en couveuse. Un excès d’oxygène dans l’appareil entraîne une rétinopathie, à l’origine de sa cécité – une condition survenue peu après la naissance, et non de manière congénitale.
Une jeunesse marquée par la résilience et la musique
L’histoire de sa famille est également empreinte de courage : durant la Seconde Guerre mondiale, son père sauve la vie de sa mère, Jeanne Kalfon, juive, en lui permettant d’échapper aux rafles grâce à une fausse identité. Cette héroïne anonyme, Gilbert la rencontrera bien plus tard et lui consacrera un livre.
Dès son plus jeune âge, Gilbert est immergé dans la musique. Il reçoit un enseignement classique à l’Institut pour jeunes aveugles de Saint-Mandé, puis poursuit sa formation à l’Institut national des jeunes aveugles à Paris. En parallèle, il développe, de façon autodidacte, un goût prononcé pour le jazz, le rock et la variété. Il fréquente ensuite le lycée Voltaire, affirmant déjà sa volonté de s’intégrer pleinement au monde des voyants, et commence à se produire dans des pianos-bars.
Un talent révélé entre Paris, Miami et New York
En 1968, à seulement 16 ans, Gilbert enregistre son premier 45 tours sous le pseudonyme de Lor Thomas. Bien que ce disque ne rencontre pas le succès, il part rejoindre sa sœur à Miami, où il poursuit des études musicales et se produit dans les clubs de jazz et de soul de Floride et de New York. C’est également à cette époque qu’il épouse Maureen Byrne, avec qui il aura deux enfants.
En 1971, sur les conseils de Salvatore Adamo, il revient en Europe. Il enregistre à Londres The Fool, qui devient un immense succès international. Il foule pour la première fois la scène de l’Olympia aux côtés de Julien Clerc. Après quelques années de doute et un exil musical au Canada et aux États-Unis, il entame un nouveau chapitre.
La consécration
C’est en 1979, à l’invitation de Johnny Hallyday, que Gilbert revient sur le devant de la scène française. Leur collaboration au Pavillon de Paris relance sa carrière. En 1980, il enregistre Believe in Me avec son complice André Georget. Le succès arrive véritablement en 1984 avec l’album Liberté, porté par des titres devenus cultes : On va s’aimeret Les Sunlights des tropiques. Gilbert Montagné enchaîne alors les tournées, les albums, et connaît une véritable consécration avec des passages réguliers à l’Olympia.
Un artiste engagé et populaire
Dans les années 1990, il s’installe au Canada avec sa famille. Il poursuit une carrière riche et engagée, tout en menant une bataille juridique qu’il remporte en 2006 contre la chaîne Flunch, qui avait parodié l’un de ses plus grands tubes.
Toujours proche du public, il participe à plusieurs émissions caritatives comme N’oubliez pas les paroles et fait des apparitions remarquées au cinéma (Stars 80), à la télévision (Mask Singer en 2022) ou sur scène avec des artistes internationaux tels que Kool and the Gang.
Une figure honorée
En 2022, le village de Saint-Léon, dans l’Allier, rend hommage à ses racines familiales en inaugurant une place à son nom. Une reconnaissance symbolique pour un artiste qui, par son parcours et sa musique, a marqué plusieurs générations.